« T’as pas 20 minutes ? »

Une parenthèse pour parler de la vingtaine

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La vingtaine, c’est un peu ce moment où tout semble possible… mais aussi où rien n’est jamais vraiment clair. Entre les rêves qu’on veut suivre, les attentes de la société et la pression silencieuse des réseaux sociaux, on avance souvent à tâtons. 

C’est de cette envie de faire une pause, de prendre le temps d’en parler, qu’est né le format « T’as pas 20 minutes ? », un projet lancé par un groupe d’étudiantes en communication multilingue dans le cadre du cours de communication appliquée.

Le concept ? Quatre épisodes, quatre jeunes, quatre parcours différents, capturés dans des lieux bruxellois qui leur tiennent à cœur, qui les aident à souffler et réfléchir.  À travers ces rencontres, on a voulu creuser ce que ça fait “d’avoir 20 ans aujourd’hui” : les doutes, les rêves, les peurs, et cette fameuse FOMO (Fear Of Missing Out), cette petite voix qui nous fait croire qu’on pourrait toujours faire mieux, vivre plus, décider autrement. Comment choisir sa voie ? Comment savoir si l’on fait le « bon choix » ? C’est tout cela que le projet audiovisuel a voulu refléter : parce que la vingtaine, c’est autant une construction de soi qu’une quête d’équilibre entre le besoin de réussir et l’envie de vivre pleinement.

Quatre parcours, quatre façons de vivre ses vingt ans

Camille, l’énergie dans tous les sens

Camille, 22 ans, est étudiante en master de communication multilingue à l’ULB. Quand elle n’est pas sur les bancs de l’université, elle travaille comme serveuse, s’engage auprès d’une association Erasmus (ESN), et part régulièrement en séjours avec des personnes en situation de handicap. Ce qu’elle aime ? Les journées bien remplies.

« Une journée que j’adore, il faut qu’il y ait un peu de tout […]. J’aime beaucoup avoir travaillé, étudié, vu mes ami·es et fait un peu de sport. »

Camille avance sans forcément suivre un plan tout tracé, et suit son instinct au moment venu :  « Je n’ai jamais eu un schéma que j’ai eu envie de suivre. »

Son endroit refuge à Bruxelles, c’est le Parc du Cinquantenaire, « un lieu magnifique » où elle aime se ressourcer.

Simon, prendre le temps de respirer

Simon, 28 ans, est en pleine recherche d’emploi. Il a quitté son dernier poste après une expérience difficile, et a décidé de faire une pause pour mieux se recentrer. Aujourd’hui, ses journées s’organisent autour du sport, des candidatures, et de moments de détente avec ses ami.es ou au Parc Josaphat, un coin de verdure qui lui rappelle son enfance en Ardennes.

Il avoue ne pas s’être imaginé dans cette situation à cet âge, lui qui pensait suivre le schéma emploi, maison, famille. Mais malgré les imprévus, il garde un état d’esprit apaisé : « Je suis quelqu’un qui prend son temps, de manière générale pour plein de choses.»

Pour lui, la vingtaine, c’est surtout la liberté, l’amitié, et un corps en bonne santé : « Je dirais que la jeunesse, c’est […] d’avoir un corps qui suit un peu tout ce qu’on veut faire. »

Matteo, avancer sans formule magique

Matteo, 22 ans, a terminé ses études en janvier et travaille aujourd’hui dans un Service Résidentiel pour Jeunes (SRJ) en tant qu’éducateur. Un quotidien assez varié, des horaires changeants, et pas mal d’imprévus.

Son lieu préféré à Bruxelles est la place Flagey, qui lui rappelle les jets d’eau de Charleroi, sa ville d’origine, et ses souvenirs d’étudiant en haute école.

Matteo incarne bien cette idée qu’il faut oser se lancer, même sans recette miracle : « Je n’ai pas vraiment de « formule magique », mais il vaut mieux toujours agir. » Quand il parle de sa vingtaine, il sourit : « C’est un moment bien spécial. » Et ce dont il est le plus fier ? « Les amis que j’ai choisis. Des gens bien qui m’ont toujours aidé. »

Marie-Mathilde, entre travail et passion

À 25 ans, Marie-Mathilde est dentiste généraliste, diplômée depuis deux ans. Elle a décidé de prolonger ses études avec une spécialisation en pédodontie (soins dentaires pour enfants). Son rythme est aujourd’hui plus cadré, entre les consultations et les cours, mais elle aime cette diversité.

Son refuge bruxellois est le Bois de la Cambre, qui se trouve juste en face du kot où elle a vécu pendant 7 ans. « C’était un peu un repère dès que je voulais sortir des études ou même venir étudier, dans un cadre différent de ma petite chambre d’étudiante. » Elle dit sans détour que son chemin n’a pas été linéaire, mais elle est heureuse de là où elle est arrivée : « Je ne suis pas spécialement là où je pensais être il y a quelques années […] mais je suis très contente d’être là. »

Sur la vingtaine, elle résume ce que beaucoup ressentent : « C’est un mixte entre se découvrir soi-même et devoir mûrir. On doit pouvoir faire des choix pour notre vie future. ». Elle ajoute : « C’est vraiment un âge charnière entre l’enfance et l’âge adulte. » Une phrase que, finalement, tous nos participants ont exprimée d’une manière ou d’une autre.

Chacun son chemin, chacun sa magie

Au fil des épisodes, une chose est devenue évidente : il n’existe pas qu’un seul modèle de réussite. Chaque parcours est unique, avec ses hésitations, ses détours, ses moments d’élan et ses petites chutes.  À vingt ans (et même après), “on fait ce qu’on peut” : on essaye de répondre aux attentes de notre société tout en se laissant encore la liberté de rêver, d’oser, de construire un avenir qui nous ressemble. Parce qu’au fond, tous les chemins ont de la valeur, et chacun.e l’explore à sa façon.

« It’s time for your next adventure […] how exciting! »
(Robin Williams, Night At The Museum 3)