À propos

Les mémoires traitant de la diversité

Les mémoires traitant de la diversité

L’écriture du mémoire est une étape importante du master. Ce projet commence dès la première année avec le choix du sujet et du promoteur, ainsi que le travail préparatoire au mémoire. Le choix du sujet est donc très important car le mémoire est un travail conséquent et les étudiants accorderont une grande partie de leur temps à sa réalisation. Dans notre master en communication multilingue, le choix du sujet est très large et les étudiants peuvent se diriger vers énormément de domaines. D’ailleurs, nous retrouvons beaucoup de mémoires qui portent sur la diversité. Les étudiants dans ce master soutiennent de nombreuses causes qui peuvent les inspirer dans la rédaction de leur mémoire. Dans cet article, tu trouveras donc des témoignages d’étudiants dont le mémoire traite de la diversité. Cela te donnera peut-être des idées pour le sujet de ton propre mémoire…

« Mon mémoire est sur la représentation de la communauté LGBTQ+ dans les dessins animés pour enfant contemporains (entre 2010-2020). Ce sont des dessins animés occidentaux, du moins dans le titre, parce qu’il y a un manque énorme de représentation en Europe. Au final l’analyse va se porter sur des dessins animés américains. Je l’ai choisi parce que je fais moi-même partie de la communauté, je pense que la représentation des diverses identités est importante, d’autant plus dans notre société hétéronormative. Parce que c’est en normalisant la diversité que celle-ci pourra être intégrée complètement. Le nombre de personne qui souffrent de leur identité (de genre/sexuelle/romantique) est très haut, les jeunes queer sont les personnes les plus prône à se suicider car iels ne se font pas accepter dans la société et/ou dans leur famille. Commencer à normaliser ça dès le plus jeune âge permets aussi aux jeunes LGBTQ+ à s’identifier et à comprendre qu’iels ne sont pas anormales car il existe d’autres personnes comme elleux. Puis c’est un sujet très peu abordé car on a tendance à essayer de « cacher aux yeux des enfants » les différentes identités afin de « les préserver » mais ça fait plus de mal que de bien. » – Elliott 

« Mon mémoire traite de la communication socio numérique du Lobby Européen des Femmes, la plus grande organisation d’associations de femmes en Europe! Je l’ai choisi car dans un premier temps je suis très investie dans la cause féministe et que ce sujet me tient à cœur. Ensuite, je pense que c’est important car après le #MeeToo, il y a eu de vrais changements, une libération de la parole féminine sur les réseaux sociaux. Je pense que ces derniers sont de réels outils de mobilisation pour toutes ces associations féministes : possibilité de toucher des femmes du monde entier en un seul clic, opportunité d’interpeller les politiciens et les médias, possibilité de montrer son indignement, mais également un moyen de créer une communauté de femmes, prêtes à se soutenir, à œuvrer et à lutter pour défendre les droits des femmes » -Tatiana

« Mon mémoire s’intéresse au phénomène du théâtre-action en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le théâtre-action est une pratique théâtrale permettant de diffuser des messages engagés et des opinions. Lors de la révolution industrielle, de groupes se sont créés afin d’aider les opprimés à se rendre compte de leur situation d’oppression avec pour but d’agir pour changer leur vie au quotidien. En somme, on cherche à démontrer que l’art, et particulièrement le théâtre, peut être un outil d’expression et de communication au même titre que d’autres outils plus ‘conventionnels’. J’ai choisi ce sujet car je suis une amatrice de théâtre ; j’en fais depuis plusieurs années déjà. Lorsque j’ai découvert la pratique du théâtre-action, j’ai tout de suite trouvé ce sujet passionnant et j’ai voulu en savoir davantage. Il me semble que dans notre société actuelle, beaucoup de choses doivent encore bouger, certaines mentalités doivent changer et quoi de mieux qu’un spectacle de théâtre pour toucher les gens. Aujourd’hui, tout a une signification politique, tout le monde a besoin de s’exprimer, de faire passer des idées et n’importe quel objet ou pratique peut devenir un outil de communication. Les réseaux sociaux sont par exemple l’outil par excellence dont se servent de nombreuses personnes. Avec la crise sanitaire que nous traversons, le secteur culturel a été désigné comme non-essentiel. C’est un peu comme retirer leur liberté d’expression aux artistes – et leur gagne-pain à la même occasion. Aujourd’hui, les gens ont besoin de se faire entendre, de crier qu’ils existent et que l’art, c’est essentiel ! L’art, ce n’est pas qu’un passe-temps. Et le théâtre-action le montre très bien ! Le théâtre-action, c’est donner la parole au non-public. » – Manon

« Mon mémoire est une cartographie des débats sur l’écriture inclusive dans la presse francophone belge et dans la presse française. J’ai choisi mon sujet car la langue française me passionne depuis toujours. J’aimerais approcher mon sujet selon un angle bien spécial. C’est à dire que je vais faire une analyse de discours pour déterminer si oui ou non la Belgique et la France ont des points de vue différents sur le sujet et si cela se reflète à travers les débats dans la presse. Je pense qu’une langue est ce qu’il y a de plus représentatif de la société, et je pense que nous sommes dans une société qui laisse de moins en moins de place aux minorités, d’où le fait que beaucoup s’opposent à cette écriture. » – Lucille

“Mon mémoire s’intitule “Diversité: représentations ethniques dans le cinéma hollywoodien contemporain”. Il se basera principalement sur les représentations stéréotypées, ou non, de différentes ethnies, et si ces clichés ont une base raciste coloniale ou sociale. Je suis moi-même issue d’une minorité ethniques et j’ai grandi en regardant des héroïnes auxquelles je ne pouvais pas m’identifier. Je suis loin d’être la Barbie blonde aux yeux bleus qu’on peut retrouver dans beaucoup de films qui ont marqué nos esprits au fil des années. J’espère pouvoir trouver des avis intéressants sur le sujet car je pense qu’il est important d’en parler et de réaliser que beaucoup trop souvent, on retrouve plusieurs personnages ethniques beaucoup trop clichés ou bien uniquement présent pour apaiser les esprits, sans pourtant jouer un rôle majeur dans les films. Le cinéma est un moyen de communication créatif qui est beaucoup plus agréable à regarder que les news, il faudrait utiliser ce 7e art pour faire passer de bons messages. “  – Kahina

crowd of protesters holding signs

“Black Lives Matter” Vs. “All Lives Matter”: the contrasting representations and consequences of each term in debates regarding racism

In the framework of the Master in Multilingual Communication, one of the main drivers for discussion and learning – and also one of the specializations – is Multiculturalism.

The text below is an example of a paper written by students from this program during the course Multicultural Discourses (Bloc 1), where they were to apply one of the learned concepts to a current topic that deals with diversity and social conflicts. 

Here the concept of competitive victimhood was selected in the context of the Black Lives Matter demonstrations, which moved many people in 2020 in several countries for the recognition, valuing and preservation of black lives against police violence.

_____________________________________________

–       “Black Lives Matter!”

–       “No! All Lives Matter!”

This dialogue shows conflictual visions and, even though it is short, it is actually very meaningful. If you examine the lexical meaning of both phrases, they both appear as discourses which state that human life should be protected and valued – but, if we look further at the origin and symbolic charge of each term, they have quite different connotations.

The year 2020 has been intense in terms of the level of political debates and human rights demonstrations and one stands out in particular: the Black Lives Matter (BLM) movement. It was created in 2013 by three African-American activists: Alicia Garza, Opal Tometi and Patrisse Cullors. At its base, the movement aimed to protest against the acquittal of George Zimmerman, who killed Trayvon Martin in 2012. “BLM” can be qualified as a political and ideological movement, fighting against the systemic oppression black people suffer, which can be seen daily in police and juridical violence.

Last year, it gained significant power in social media because of the large amount of protest marches after the murder of George Floyd, an African American killed by a police officer in Minneapolis, United States, in May 2020. He died by suffocation when the policeman pushed him to the ground, putting his knee over his neck. After the crime, the hashtag #BlackLivesMatter gained a very high profile and led thousands of people to protest on the streets – even during a pandemic background.

According to The New York Times the Black Lives Matter movement can be considered as the biggest social movement in the history of the United States. On June 6th, 2020, the movement peaked when half a million Americans demonstrated in different locations.

Source: Los Angeles Times. Protestors in the United States, 2020.

The phrase « I can’t breathe », repeated several times by Floyd before his death, became a symbol of the protests. Several demonstrators wrote it on posters and masks.

It quickly gained global-recognition and demonstrations erupted around the world. The movement has been able to shed light on the universal problem of police violence. The concept of a common fight has been used, where groups decided to gather to fight against what they see as common oppression. However, it is in this convergence of struggles that created a space where members of other socio-cultural groups want to have the floor.

This is how the phrase “All Lives Matter” (ALM) emerged and it has begun to be used by critics of the Black Lives Matter movement. It is a way of saying that other groups, from other ethnic-social backgrounds, also suffer from systemic violence. The denotation of the phrase tries to put them in a state of equity even though its connotation is conflicted:

Divergent tweets about the slogans

These different tweets allow us to understand a little about the points of view of the two movements. On the side of All Lives Matter, there is a recognition that black lives are threatened and this situation must be seen and reversed. However, it is also important to raise awareness that other ethnic-social groups’ threats deserve recognition.

On the other hand, the pro Black Lives Matter tweet responds that this is an unfair argument because it is the black community that is largely discriminated against and regularly endangered by systemic racism. It emphasizes that not all ethnic and social groups are on an equal footing.

The difference between these two points of view is actually a well-known sociological concept: competitive victimhood. The researchers Isaac F Young Isaac and Daniel Sullivan state that competitive victimhood is the tendency for one group to compare its sufferings with another group, ending up competing for victim status in different situations and social contexts.

By comparing one group’s suffering to another’s, competitive victimhood creates a conflict of accusations that ultimately drives them apart. For example, the contradiction created by the dialogue “- Black Lives Matter! – No, All Lives Mater!”: people feel voided in their speeches and the debate becomes a dispute over who is right, building opposition and driving away people who might have similar ideas.

Young and Sullivan explain that this can trigger a distortion of what “victimhood” really is, i.e. it creates distorted perceptions about the original motivation of the other group’s social “victimization” process. It is important to say that the word « victim », according to the authors, is not the best choice of groups that are discriminated, they often prefer to use the term « survivors ».

When a black person uses the BLM slogan and a person from some other ethnic group with high-status, i.e.  white, uses the flag of All Lives Matter, the latter is comparing its experience to a social and political process that a high-status group person has historically not experiencing. The cognitive processes, which are the perceptions based on people’s experiences, of a white person and a black person are not the same, because they do not share the same social experiences with regard to racial prejudice.

It could be argued that high-status groups can feel themselves wronged by accusations that they are racists.  Nonetheless, according to research by Young and Sullivan, people who feel this way are more likely to justify the social hierarchy and the status quo (which benefits them). This underlines the importance of the recognition of social privileges and that there is a difference in the treatment offered to people from different ethnic and social groups. The acknowledgment of these differences is the first step in balancing the status quo.

That is why the words « All Lives Matter » actually carry much more meaning than just saying that all lives, no matter what groups of people, matter. The denotation of the phrase, even if well-intentioned, is distinct from the connotations it implies and this can get in the way and have damaging consequences for the Black Lives Matter.

To sum up, it is important to take into account the meaning, reference, occurrences, connotations and possible inter discourses in which the phrase is being used. Understanding each other’s experiences is not an easy process, but can be facilitated through open and informed discourse.

Black Lives Matter’s fight is not over. Racism is a structural problem that permeates Western societies in a deeply rooted historical process. However, changes in the opposite direction must also be recognized, such as the unprecedented number of demonstrators on the streets in the anti-racist struggle and the record number of people online commenting on the issue. This is a demonstration of the power of social organization around a cause.

  •  This text was written by the students Anna Saliba Nogueira and Delara Pouya.

Diversity in Disney products

Representation from an early age is essential to make sure identities can develop themselves to the fullest extent without feeling ashamed of their appearance, practices or ideas. In many countries across the globe, one of the most prominent household names is probably Disney. This company therefore takes on a huge responsibility to represent kids worldwide to the best of their abilities, which isn’t always as easy as changing a cultural joke or translating road signs. To deal with this, the Walt Disney Company has specific jobs dedicated to international adaptations (as can be seen in their new Inside Pixar series), but also a ‘chief diversity manager’ whose job  is to “ensure that inclusion and a deep sense of belonging are embedded in the fabric of how [they] do business every day”, as described by Latondra Newton who has held the title since 2017. But how is this manifesting itself in practice?

As students in the class ‘English: language, society and culture 1’ have seen over the past year (this is an elective year long course for all specializations), representation can be problematic. Who is ‘allowed’ to write from the perspective of someone else’s shoes? This question is a recurring theme in popular entertainment, for example when Jeanine Cummins wrote American Dirt, a novel about a Mexican family fleeing to the US (as the novel contained stereotypical depictions of Mexicans). Cummins is a well off American writer with family ties in Ireland and Puerto Rico, who has never had to flee or immigrate, yet despite this, the book was long awaited and was even chosen for Oprah Winfrey’s book club. Mexican-American writers critiqued her on not being in the right position to write personally about a group that she is not a part of (or identifies herself with). Similarly, it is easy to see how Disney can be in a tough place because it is viewed by children in a large range of countries, but still is an American company. Especially in children’s movies, Disney tries their best to glocalize the films as much as possible to create a universal town that kids all around the world can relate to. Every movie is later passed through an international committee to review the universal aspects of the movie and potentially change the characters, objects or signs to fit the target audience. Yet, Michelle Anya Anjirbag (a prominent scholar in children’s literature, media and culture) also points towards this as a potential issue in portraying ‘the other’:

“While I would hesitate to go as far as Zipes, and others, and suggest that the Disney corporation is currently attempting to impose American value systems upon the rest of the world in a deliberately political, colonizing, or imperialist way, it remains important to talk about the power dynamics involved when a company such as Disney decides to tell stories from outside its own sphere, rooted in Western, Anglo-American, conservative-leaning hegemonic culture.”

(ANJIRBAG, 2018, P. 3)

Such a critique does not mean Disney should only create content for white, middle class Americans though. It means they should push themselves to attract people from various backgrounds, countries and classes to work on producing authentic content together. Even though it was not a blockbuster hit, Queen of Katwe was exactly what the diversity initiative should be working towards. A more successful example is the recent release of Soul, one of the first big animated feature films with a black lead by Disney. Normalizing minorities, whilst also not using them as token characters to be considered ‘inclusive’ is extremely important from a young age. 


However, Walt Disney was founded in 1923 and has gone through many transformations throughout the years, which means it has an imperfect history that reflects the societal inequalities of its parent country. Some of these examples include characters like Jim Crow (Dumbo), the portrayal of happy Black slaves in The Song of the South, or the evil villains in The Lion King (and many other movies) seemingly being portrayed as gay and effeminate, marginalized and darker toned.

In some instances, scenes or characters have been removed, but in others, Disney has opted to add a 12-second disclaimer to its original content on the streaming platform Disney+. Additionally, it has changed one of its attractions at both US based Disneyparks (in California and Florida) by revamping  some racially insensitive depictions in the Jungle Cruise ride.

While Disney is working on this and including a more diverse cast in their content, there is still a lot of criticism towards the company, notably on its LGBTQ+ characters. Until now, there is only one openly gay lead personality in the movie Onward, released in 2020. Even though this might be seen as a celebration, to many Disney fans this is a tiny step that should have been taken long ago. Besides some minor representations where gay couples featured in the background, Disney had a lot of other possibilities to give LGBTQ+ characters screen time. In the past, Disney has mostly used this (consciously or unconsciously) in their villains, known as queerbaiting, where certain characters are portrayed with negative stereotypes associated with the LGBTQ+ community. As a result, many people have created fanfiction to promote LGBTQ+ representation, and sometimes even tried to push Disney to change their plots to give a character a homosexual relationship. Two of the most prominent ones are Elsa in Frozen, and LeFou in Belle and the Beast. There have been heavy debates about introducing a girlfriend for Elsa, mainly because part of her character (according to Disney) is her independence, which can also be said for Merida (in Brave) and Moana. However, this feminist reply did not stop Frozen fans rallying to the hashtag #GiveElsaAGirlfriend before Frozen II came out in 2019 (during Pride Month), which did not result in the addition of an LGBTQ+ character. This movement has not stopped despite the disappointment and is continuing to rally for the next potential movie release in the Frozen series. There is also a strong counter movement from people who enjoy the strong single personality Elsa embodies and want to #KeepElsaSingle.

Not all efforts of Disney to create diverse content have been received with open arms. Tiana from Princess and the Frog (released in 2010), was the first African-American Disney princess and received a lot of criticism because she was portrayed as a frog for a large part of the movie. In addition to this, the strong segregation of New Orleans in the 1920s is almost completely absent from the movie (similarly to complaints Disney has received after the release of Pochahontas). Racially diverse princesses have also been portrayed as less traditionally feminine and more practically minded. Besides from not being very popular, Tiana has also been repeatedly excluded from princess themed merchandise like t-shirts, calendars or dolls.

We can see that Walt Disney Studios is working on improving its inclusiveness, but this is still not well represented in the movies they bring out. Even though it is difficult to include every nationality, race, sexuality or other identifier, Disney has a prominent role in depicting diversity. With the new life action movies coming out based on the old fairy tales and iconic Disney stories, a lot of stereotypes and discriminating factors are being replaced by a strong and diverse cast.

photo of people doing fist bump

La gestion de la diversité culturelle

Sur notre site web, nous retrouvons beaucoup d’articles en lien avec la diversité, la culture ou encore le multiculturalisme. Ce sont d’ailleurs des concepts dont nous entendons beaucoup parler dans les médias. Grâce au cours de Multicultural discourses donné par Madame Calabrese, les étudiants en finalité multiculturalité ont eu la chance de mieux comprendre ces concepts fondateurs de la société contemporaine.

Ce cours a, entre autres, présenté aux étudiants différents systèmes qui permettent de gérer la diversité culturelle dans un pays. Par exemple, en France, on observe le modèle assimilationniste (aussi appelé républicain), c’est-à-dire que les immigrants, mais aussi les natifs appartenant à des cultures régionales, doivent s’adapter à la culture française majoritaire pour ne garder leurs traditions que dans la sphère privée. Nous retrouvons d’ailleurs beaucoup de débats autour de la diversité culturelle au sein du pays. Par exemple, le port du voile par les femmes musulmanes dont nous entendons énormément parler dans les médias. Ce modèle peut en effet avoir des conséquences sur les identités culturelles des citoyens, qui peuvent se sentir perdus. Si certains s’accommodent très bien de cette assimilation, d’autres développent le sentiment de n’appartenir à aucune culture. Le modèle républicain a en effet une grande difficulté à produire des identités mixtes ou hybrides, qui trouvent au contraire une place dans le modèle pluraliste, qui prédomine aux États-Unis ou au Canada. Dans ce cas, la culture des immigrants et des groupes natifs minoritaires est non seulement tolérée mais aussi protégée et promue par l’état. Mais l’implémentation de ce modèle peut aussi avoir des conséquences négatives sur l’union d’un pays car en promouvant toutes les cultures, la culture commune est moins visible et les individus sont moins protégés des excès des groupes culturels. Ainsi, une des principales critiques que l’on peut faire à ce modèle est de tomber dans le relativisme culturel, qui tolère des comportements intolérants au nom de la diversité culturelle. 

Le troisième modèle, que nous retrouvons dans les pays germanophones pendant presque tout le XXe siècle, est celui de l’ « ethno-différentialisme ». Jusqu’il y a peu, il était très compliqué de devenir un citoyen allemand si nos ancêtres n’étaient pas natifs. L’histoire de l’Allemagne nous prouve cependant que ce type de modèle peut mener à la persécution des minorités, jusqu’ au nationalisme extrême.

Nous pouvons maintenant nous demander comment la Belgique gère la diversité. En Belgique, seuls les groupes culturels natifs disposent d’une pleine reconnaissance et protection. En ce qui concerne les groupes provenant de l’immigration, ils sont censés s’adapter à leur pays d’accueil par le biais d’une intégration professionnelle, économique et linguistique, mais une reconnaissance de facto existe par le biais de la reconnaissance et le financement des cultes, qui jouissent par ailleurs d’une présence au sein des établissement scolaires publics. Il existe cependant des différences régionales : la Flandre se rapproche plus du modèle multiculturaliste alors que la Wallonie est plus proche du modèle assimilationniste français. 

Nous remarquons donc qu’il existe plusieurs modèles qui permettent la gestion de la diversité culturelle dans un pays. Cependant, aucun de ces modèles n’est parfait et chacun a ses propres conséquences et dangers. Il est certain que le modèle républicain ne supprime pas toutes les injustices. En France, beaucoup de citoyens issus de l’immigration sont victimes de racisme et de discriminations, dans leur vie privée mais aussi professionnelle, de même que les ceux provenant des minorités régionales sont victimes de discrimination linguistique. Même si ce modèle prône la cohésion culturelle, il est impossible de faire en sorte que tous les citoyens aient exactement la même culture. D’un autre côté, le modèle mis en place aux Etats-Unis peut aussi être sujet à la montée de l’extrémisme au sein de la population. En effet, certains droits sont accordés à des citoyens venant de communautés minoritaires, ce qui peut mener à des tensions et des désaccords. Par exemple, l’utilisation de « racial quotas » dans les universités du pays ne plaisent pas à toute la population et peut créer une sorte de jalousie venant d’autres groupes. Nous pouvons prendre un autre exemple très actuel qui est celui du movement « Black lives matter », car nous avons pu très vite assister à l’émergence du mouvement « All lives matter » qui a créé beaucoup de tensions entre les partisans de ces deux groupes. Un article concernant ces mouvements sera d’ailleurs bientôt publié sur notre site.

Nous pouvons donc dire qu’aucun modèle ne gère la diversité culturelle de manière parfaite et qu’il y a encore beaucoup de travail et d’efforts à faire avant que le racisme et la discrimination ne soient plus d’actualité. Cependant, chaque modèle a aussi ses avantages. Ces concepts sont donc des concepts autour desquels nous pouvons avoir de nombreux débats, ce qu’ont d’ailleurs fait les étudiants en finalité multiculturalité. 


Étudiants internationaux : faire ses études en Belgique malgré le covid

Pour la rentrée 2020, l’Université Libre de Bruxelles avait annoncé un retour partiel des cours en présentiel : 1/3 tiers des cours en présentiel et 2/3 en distanciel, un enseignement hybride donc. Le covid n’a pas facilité les choses aux étudiants internationaux, et oui, pas l’idéal quand on veut étudier à l’étranger !

Manuela, Farah et Anna sont toutes les trois étudiantes internationales et ont décidé de faire une partie ou l’intégralité de leurs études en Belgique pour différentes raisons. Elles ont choisi Bruxelles, qui est une véritable mosaïque culturelle avec pas moins de 179 nationalités !

Pourquoi ce choix ? Comment ont-elles vécu leur arrivée ? Quel est leur ressenti face au covid et tout ce qu’il entraîne ? Elles nous livrent leur expérience et ressenti uniques.

Manuela

Je suis étudiante en master en linguistique, je viens du Mexique, et j’ai aussi fait mon bachelier en Belgique (donc ça fait trois ans que j’habite à Bruxelles). J’ai choisi d’étudier ici car c’est un pays qui abrite des personnes de centaines de nationalités différentes et qu’une grande partie des institutions européennes s’y trouvent. Je me souviens que quand j’étais au Mexique, je lisais souvent sur les journaux mexicains: « Bruxelles pense ou Bruxelles n’est pas d’accord … », le fait que l’on parlait autant de ce petit pays au nord de l’Europe, me paraissait assez impressionnant, je me disais que ce serait intéressant de venir découvrir les raisons pour lesquelles des personnes de nationalités aussi variées venaient s’installer en Belgique. J’avais aussi entendu dire que l’éducation était de bon niveau et que les universités belges avaient du prestige.

À cause de la situation covid, je suis rentrée au Mexique pendant presque six mois (mi-mars-début septembre 2020), ce que je n’avais jamais fait auparavant, mais j’ai décidé de rentrer en Belgique après ce temps car je préférais être plus proche de l’université, de la bibliothèque, et parce que je pensais que les choses allaient s’améliorer plus rapidement en Belgique et qu’on pourrait reprendre une vie étudiante « normale » en peu de temps …  cependant, ça n’a pas été le cas.  En ce qui concerne les cours en ligne, je dois avouer que j’ai encore du mal à me concentrer, comme je suis chez moi, je suis distraite plus facilement et je ne me consacre pas pleinement aux cours, même si je veux le faire. Pour moi, le fait de ne pas pouvoir parler aux autres étudiants pendant les pauses ou après les cours, vu que les cours se passent en ligne, rend plus difficile l’interaction entre camarades, et donc, il est plus difficile de se faire des amis, ce qui est important, surtout quand c’est notre première année de bachelier ou de master.

Soy un estudiante de primer año de maestría en lingüística, soy de México pero decidí venir a estudiar a Bélgica para hacer mi master, así que estoy viviendo en Bruselas hace tres años. Decidí venir aquí porque es un país en el que viven personas de cientos de nacionalidades diferentes y porque se encuentran una gran parte de las instituciones europeas. Recuerdo que cuando estaba en México leía a menudo en los periódicos: « Bruselas piensa o Bruselas no está de acuerdo… », el hecho de que se hablara tanto de esta ciudad y de ese pequeño país del norte de Europa me parecía sorprendente, quería descubrir qué era lo que hacía que personas de nacionalidades tan variadas decidieran instalarse en el corazón de Europa. Además, había escuchado decir que la educación era muy buena en Bélgica y que las universidades eran prestigiosas.

La pandemia hizo que regresara a México por casi seis meses, de mediados de marzo a principios de septiembre de 2020, algo que nunca había hecho antes. Luego de transcurrido este tiempo decidí regresar a Bélgica porque prefería estar más cerca de la universidad, de la biblioteca, y porque pensé que la situación mejoraría más rápido en Bélgica que en México y que así podríamos retomar una vida estudiantil « normal » en poco tiempo. Sin embargo no fue el caso. En cuanto a los cursos en línea, he de reconocer que me sigue costando concentrarme, pues al estar en casa me distraigo con mayor facilidad y no logro dedicarme plenamente a las clases, aunque quiera hacerlo. Para mí, el hecho de no poder hablar con otros estudiantes durante las pausas o después de clase, ya que las clases son en línea, hace más difícil que los compañeros se relacionen entre sí, por lo que no es tan fácil hacerse amigos, algo que es muy importante, sobre todo cuando estamos en nuestro primer año de licenciatura o de maestría.

Farah

Je suis en première année de master en communication corporate et marketing et je viens du Maroc. J’ai décidé d’étudier en Belgique parce que les masters proposés au Maroc ne correspondaient pas à ce que je cherchais, et puis je me voyais toujours continuer mes études à l’étranger. J’étais très excitée à l’idée de déménager et de commencer une nouvelle page avec de nouveaux amis et un nouvel environnement, mais bien sûr, tu t’imagines bien que la situation sanitaire a tout compliqué, que ce soit pour la procédure de visa qui m’a pris 3 mois, la recherche de location avec toutes les arnaques, le retard que j’ai pris dans les cours et puis la cerise sur le gâteau, je suis arrivée ici 2 jours avant le second confinement. Ça m’a pris 4 mois pour me faire mes premiers amis et on vient de se voir pour étudier à la bibliothèque des sciences humaines, c’était la première fois que je me rendais sur le campus depuis mon arrivée.

نقرا بالظبط و التخصص لي بغيت. ملي كنت صغيرة و أنا كنت عارفة راسي غادي نبغي ندير الدراسات العليا ديالي على برا. كنت متحمسة بزاف باش نجي لهنا أو نبدا صفحة جديدة، نتعرف على صحاب فبلاصة جديدة عليا ولكن هاد الوضع الصحي لكان عيشوه دبا عقد كلشي : من اجراءت التأشيرة لخدات لي 3 أشهر، نقلب على لكرا معا شحال من واحد لكايبغي إستغلك أو إشفرك أو أخر حاجة هي انني جيت يومين قبل الحجر الصحي الثاني. هادي دبا 4 أشهر و عاد تعرفت و عندي صحابي لولين و يالله تشاوفنا مؤخراً فلمكتبة ديال الجامعة، كانت هادي نيت أول مرة كنمشي لها معا گاع الدروس كاينين عن بعد.

Anna

Je m’appelle Anna, j’ai 23 ans et je suis brésilienne. J’ai choisi de faire mon Master en Communication multilingue, à finalité Multiculturalité, et je crois que c’était un excellent choix ! J’ai décidé de venir en Belgique pour faire un master et peut-être continuer ma carrière ici dans le futur, après une année d’échange en 2018-2019. J’ai fait cet échange alors que je faisais ma licence au Brésil, et Bruxelles était l’une des destinations proposées par mon université. Je voulais aller dans un pays francophone pour apprendre la langue et la Belgique a vraiment retenu mon attention. J’ai fini par tomber amoureuse du pays et de ses habitants, que je trouve très accueillants, et j’ai décidé d’y retourner en 2020. Cependant, mon arrivée en 2020 a été très différente à cause du covid-19. La procédure d’obtention du visa, toujours au Brésil, était très complexe. J’ai dû préparer mes documents à la hâte, le consulat belge au Brésil ayant été fermé pendant de nombreux mois et n’ayant rouvert qu’en juillet. J’ai dû décider si je venais dans un contexte très instable, si je m’éloignais indéfiniment de ma famille, pour préparer la documentation et changer de pays (et de continent !) en deux mois seulement. Tout s’est bien passé pendant la procédure, j’ai pu trouver facilement un logement à Bruxelles, j’avais déjà quelques amis ici et cela m’a beaucoup aidé. Un autre point important pour cette réadaptation a été d’avoir les premières semaines des cours sur le campus de l’ULB. C’était très positif car j’ai pu connaître un peu l’université et me faire des amis, qui me sont chers et avec qui on essaye de s’aider dans les moments difficiles.

Bien que je sois dans une situation délicate sur le plan personnel, loin de ma famille et de mes amis au Brésil, et dans un contexte très instable, j’essaie de voir le côté positif de toute cette expérience. Je suis reconnaissante de savoir que les personnes qui me sont chères sont en sécurité, que j’ai la possibilité d’être en mouvement et d’apprendre, même si c’est dans le cadre de cours à distance. Je me sens soutenue par les enseignants et les autres élèves, qui sont toujours ouverts au dialogue, et j’essaie de m’épanouir autant que possible. Nous sommes tous en mouvement, même si cela ne semble pas être le cas pour le moment. J’essaie de garder à l’esprit que nous devons respecter nos propres limites, demander de l’aide si nécessaire, apporter notre soutien aux autres et nous rappeler que rien n’est éternel, aucune pandémie n’a duré ou ne durera éternellement. Nous avons toujours nos rêves, nos projets et les uns les autres, ce qui est le principal !

Meu nome é Anna, tenho 23 anos e sou brasileira. Escolhi fazer meu mestrado em Comunicação multilingue, na finalidade Multiculturalidade, e acredito que foi um grande acerto! Decidi vir pra Bélgica, para fazer um mestrado e talvez continuar minha carreira aqui no futuro, depois de um ano de intercâmbio em 2018-2019. Fiz esse intercâmbio enquanto estava no bacharelado, no Brasil, e Bruxelas era um dos destinos que a minha universidade oferecia. Eu queria ir para um país francófono para aprender o idioma e a Bélgica me chamou muito a atenção. Acabei me apaixonando pelo país e pelas pessoas, que considero muito acolhedoras, e decidi voltar em 2020. Contudo, a minha chegada em 2020 foi muito diferente, por causa da covid-19. O processo para tirar o visto, ainda no Brasil, foi muito complexo. Precisei organizar minha documentação às pressas, o consulado belga no Brasil ficou fechado durante muitos meses e só reabriu em julho. Tive que decidir se viria em um contexto muito instável, se ficaria longe da minha família por tempo indeterminado, preparar a documentação e mudar de país (e continente!) em apenas dois meses. Tudo deu certo durante o processo, consegui encontrar facilmente um lugar para morar em Bruxelas, já tinha alguns amigos aqui e isso ajudou bastante. Outro ponto importante para essa readaptação foi ter as primeiras semanas de aula presencialmente no Campus da ULB. Foi muito positivo pois pude conhecer um pouco da universidade e fazer amigos, que considero muito e buscamos nos ajudar em momentos difíceis.

Apesar de me encontrar em uma situação delicada no nível pessoal, longe da minha família e amigos do Brasil, e em um contexto muito instável, procuro ver o positivo de toda essa experiência. Sou grata por saber que as pessoas que considero estão em segurança, que tenho a oportunidade de estar em movimento e aprender, mesmo que em cursos à distância. Sinto um apoio da parte dos professores e dos outros estudantes, sempre abertos ao diálogo, e procuro me desenvolver na medida do possível. Estamos todos em movimento, mesmo que não pareça no momento. Tento manter em mente que é preciso respeitar os próprios limites, pedir ajuda quando necessário, mostrar apoio aos outros e lembrar que nada dura para sempre, nenhuma pandemia durou ou durará para sempre. Ainda temos nossos sonhos, nossos projetos e uns aos outros, que é o principal!